« E » est l’abréviation d’Ethelbert
Toujours à la poursuite de Bip Bip

Sculpture E-coyotte
Le coyote de Bip Bip en layer art

Debout en appui sur une jambe, le buste vrillé, il lève à bout de bras une petite ardoise où il a écrit « ouch » — et il la tient déjà, avant même que quoi que ce soit ne lui tombe dessus.

Éditée à 12 exemplaires numérotés, créée par Jim.b à partir de MDF usiné à la CNC, elle est la plus haute de la série : 800 mm, contre 370 mm de large et 360 mm de profondeur. C’est aussi la seule qui n’a jamais reçu de couleur. Là où Luffy étirait un corps élastique en largeur sous une peinture pleine, celui-ci monte droit et garde la teinte du panneau.

Description artistique

Le coyote est un personnage défini par ce qui lui arrive : le rocher, la caisse ACME, le vide sous les pattes. Rien de tout cela n’est ici. Pas de décor, pas de chute, pas de rocher en suspens — seulement la pancarte, qui est la dernière chose qu’il fait toujours avant. Elle tient dans le poing levé, à l’aplomb de la tête, et c’est elle qui date la scène : on est à la seconde d’avant, et il le sait déjà.

Cette ligne, la coupe verticale adjacente la traite bien. Les 120 strates sont collées sans espacement, si bien qu’on ne voit pas un empilement mais un volume plein, parcouru de cernes. Sur le museau elles se resserrent en anneaux étroits ; sur le corps elles s’élargissent et suivent le creux du dos ; sur les pattes elles se réduisent à quelques traits parallèles. Le contour se lit d’un seul mouvement, de la truffe aux pieds.

Le bois brut change la lecture. Le MDF n’a pas de veine, pas de nœud, pas de fil : c’est une matière grise-beige uniforme, sans accident. Toutes les lignes visibles sur la pièce viennent donc de la découpe — aucune n’est donnée par le matériau. Le vernis satiné se contente de fixer cette teinte et d’arrêter la lumière juste avant le reflet, pour que les chants restent nets à la vue comme au toucher.

Le socle rond en MDF noir fait le reste. Il coupe net la base de la pièce et pose le bois clair sur un fond sourd. La silhouette n’y touche que par un pied et par la hampe de la pancarte : l’équilibre est visiblement précaire, et la pièce raconte ça aussi. Une patte détachée repose à plat sur le socle, à côté — le seul élément qui ne soit pas rattaché au corps, et le seul indice de ce qui vient après.

Sculpture du coyote en layer art brandissant une pancarte ouch, 120 strates de MDF brut sur socle rond noir

Technique et matériaux

La sculpture est fabriquée à Genève, dans l’atelier de Peter Meili, à l’aide d’une machine CNC. Les 120 strates sont découpées dans du MDF de 3 mm, poncées, puis collées sans espacement. Elles ne sont pas d’un seul tenant : il faut 418 pièces pour les former. Une patte détachée du corps, une queue qui s’écarte, un museau en porte-à-faux — chaque couche se fragmente en plusieurs morceaux à découper, poncer et repositionner séparément.

C’est la difficulté propre à cette pièce, et elle est double. La hauteur d’abord : 800 mm de strates empilées, où un écart d’un demi-millimètre répété devient une dérive visible sur tout le contour. Le bois brut ensuite : sans peinture, il n’y a rien pour masquer un joint. Chacun des 418 assemblages doit être juste au collage, parce qu’aucune couche ne viendra le recouvrir ensuite.

La finition se limite à un vernis satiné, au pistolet sur les 418 pièces, appliqué en collaboration avec Philippe Ding. Il ne colore pas le MDF et ne le charge pas : il sature légèrement le ton du panneau, ferme les chants poncés et retient les reflets pour que les cernes gardent leur dessin.

TECHNIQUE Découpe CNC
MATÉRIAUX MDF – épaisseur: 3mm
PEINTURE Vernis satiné
FORMAT H: 800 mm – L: 370 mm – P: 360 mm
COUCHES 120
PIÈCES 418
SUPPORT MDF noir
COLLABORATION Atelier: Peter Meili
Vernis: Philippe Ding
LIEU D’EXPOSITION Bernard Stackelberg – Legend Art Gallery
Le coyote en layer art de trois quarts, bras levé tenant une petite ardoise noire manuscrite