Pacman
1980, et toujours faim
Sculpture Pacman en layer art bois CNC
Pas de pose, pas de visage, pas d’attitude : une sphère ouverte d’un quart. Pacman est le seul sujet de la série qui n’a jamais eu de profil.
Éditée à 12 exemplaires numérotés, créée par Jim.b à partir de MDF usiné à la CNC, la pièce est bâtie sur 38 couches verticales montées sur entretoises inox. Là où Silent Man et Flower Thrower utilisent l’espacement pour aérer une silhouette humaine, ici il n’y a pas de silhouette à aérer : 282 mm de haut, 225 de large, 205 de profondeur. Presque aussi épaisse que large. Un volume, pas une découpe.

Description artistique
Pacman est né en 1980 sur un écran d’arcade, en deux dimensions, dans une grille de pixels. Il n’a pas de dos, pas de côté, pas d’épaisseur — la question ne s’est jamais posée. La sculpture répond donc à quelque chose que le jeu n’a jamais demandé : à quoi ressemble Pacman vu de profil ? Les couches ne viennent pas donner du relief à un personnage existant, elles lui inventent une troisième dimension.
C’est ce qui rend la découpe espacée si juste sur ce sujet. Sur un corps, les strates décrivent une anatomie ; ici, elles tranchent une géométrie pure. Chaque couche est un disque, plus petit ou plus grand que le précédent, et l’ensemble se lit comme la coupe d’une sphère — celle d’un scanner ou d’une courbe de niveau. La bouche, elle, n’est pas un détail ajouté : c’est le vide laissé par le quart manquant de chaque disque. La forme la plus reconnaissable du jeu vidéo devient un exercice de géométrie descriptive.
Le jaune acrylique RAL 1021 est appliqué sans vernis, et c’est un choix. La surface reste totalement mate : elle absorbe, ne renvoie rien, n’a ni reflet ni modelé. Toute la lumière de la pièce est donc gérée ailleurs — par les vides entre les couches, que le jour traverse, et par les 99 entretoises inox laissées apparentes. Ce sont les seuls points brillants de la sculpture, alignés en colonnes dans l’épaisseur du jaune. Un volume qui éteint, une structure qui accroche.
Sans orientation privilégiée ni sens de lecture imposé, la pièce se regarde en tournant autour. Et selon l’éclairage, l’ombre portée sur le socle redessine au sol un Pacman plein — la forme en deux dimensions d’où tout est parti.
Technique et matériaux
La sculpture est fabriquée à Genève, à l’aide d’une machine CNC, en collaboration avec l’atelier de Peter Meili. Les 38 strates sont découpées dans du MDF de 3 mm, poncées, puis montées sur 99 entretoises inox qui fixent l’écart entre chaque couche.
L’espacement ne pardonne rien. Sur une pièce collée bord à bord, un défaut se rattrape au ponçage du contour ; ici, chaque couche est visible sur ses deux faces et suspendue dans le vide. Le moindre désalignement se voit immédiatement, d’autant que la forme est un cercle : l’œil détecte une irrégularité sur une courbe géométrique là où il l’aurait laissée passer sur un pli de vêtement. Les entretoises devaient aussi être positionnées hors de la bouche, sans jamais croiser le regard qui traverse la pièce.
La mise en peinture est signée Yannick Rezzonico. Le jaune RAL 1021 est posé en acrylique sur l’ensemble des strates — chants compris, puisqu’ils sont tous exposés. Sur un MDF, les chants sont poreux et boivent la couleur différemment de la face : il faut plusieurs passes pour obtenir un jaune uniforme sur les 38 pièces, condition pour que l’empilement se lise comme un seul volume.
Aucun vernis n’est appliqué. La sculpture conserve la matité complète de l’acrylique, sans couche de protection ni brillance ajoutée. C’est une pièce d’intérieur : elle se tient à l’abri de l’humidité et de l’exposition directe au soleil.
| TECHNIQUE | Découpe CNC |
| MATÉRIAUX | MDF – épaisseur: 3mm |
| PEINTURE | Acrylique jaune (RAL 1021) |
| FORMAT | H: 282mm – L: 225 mm – P: 205 mm |
| COUCHES | 38 |
| ENTRETOISES | 99 |
| SUPPORT | MDF noir et Dibond noir signé |
| COLLABORATION | Atelier: Peter Meili Peinture: Yannick Rezzonico |
| LIEU D’EXPOSITION | Bernard Stackelberg – Legend Art Gallery |



